Oui, vraiment, il faut laisser l’Histoire aux historiens !

une organisation criminelle et clandestine: le "bureau spécial" turc

une organisation criminelle et clandestine: le “bureau spécial” turc

Dans le contexte de la possible adoption par le Bundestag d’une résolution reconnaissant le Génocide des Arméniens, le renégat Maxime Gauin vient de publier l’une de ses dernières vomissures « s’il vous plaît, laissez l’Histoire aux historiens ».

Eh bien pour une fois, à « extrémismes », nous sommes parfaitement d’accord avec lui. Il faut absolument laisser l’Histoire aux historiens de sorte que les responsables politiques – éclairés par les travaux des chercheurs – puissent prendre les décisions politiques qui s’imposent. En l’occurrence, le génocide arménien est aujourd’hui un fait avéré, attesté par des centaines de milliers de documents et dûment identifié comme tel par les historiens, notamment par les spécialistes de la question rassemblé au sein de l’Association Internationale pour Les Etudes sur les Génocides (International Association for Genocides Studies – IAGS).

Quand l'étudiant Maxime Gauin conteste les plus grands historiens sur les génocides !

Quand l’étudiant Maxime Gauin conteste les plus grands historiens sur les génocides !

Corrélat de cette conviction partagée, il est donc absolument nécessaire que les négationnistes patentés et autres activistes à la solde du gouvernement turc – à l’image du renégat Maxime Gauin – se dessaisissent de cette question. Rappelons à M. Gauin que le fait d’être titulaire d’un BTS en histoire ne fait certainement pas de lui un historien, encore moins un chercheur en histoire. Une petite vérification récente montre que son facteur H reste bloqué à 2 – celui d’un étudiant en début de thèse – et encore faut-il noter que la plupart de ses « publications », enfin ce qui en tient lieu, ne sont citées que par … Maxime Gauin !

En revanche, il faut reconnaître que cette personne est bien utile aux instances les plus sombres de l’Etat profond turc. Il faut bien le dire, c’est sans grande surprise que nous avons récemment pu constater que la publicité du dernier article de M. Gauin était faite avec zèle par le sinistre « Özel Büro ». Qu’est-ce que le « Özel Büro » me direz-vous ? Eh bien plutôt que de vous livrer ma propre définition de cette entité – une bande de crapules et d’assassins – je préfère m’en remettre aux explications fournies par Jean-Louis Briquet et Gilles Favarel-Garrigues dans leur ouvrage intitulé « milieux criminels et pouvoir politique » et utilement sous-titré « les ressorts illicites de l’Etat ».

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Maxime Gauin, auteur “français” favori du … Özel Büro !!

Au chapitre sur « les bandes en uniforme en Turquie », MM. Briquet et Favarel-Garrigues écrivent « C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre la formation de ‘’l’organisation spéciale’ (özel örgüt ou özel büro) probablement la base de la ‘bande de Susurluk’. Il s’agit d’une organisation informelle n’ayant pas d’existence juridique. L’idée remonterait à Turgut Özal qui prit les rênes du pouvoir après trois ans de régime militaire, en tant que Premier ministre, puis comme Président, jusqu’en 1993. Or les services de renseignement restaient sous le contrôle des militaires et relativement peu accessibles aux civils. Özal aurait alors pris l’initiative de regrouper des membres des institutions de sécurité au service des civils, sans grand succès. Dans le cadre d’une guerre s’intensifiant, dont les enjeux politiques étaient énormes, le contrôle des opérations et l’accès aux renseignements étaient centraux. Tansu Çiller repris le projet, mettant sur pied une force de sécurité parallèle. Elle aurait alors regroupé sous ses ordres des membres de l’armée, de la gendarmerie, de la police et des services secrets sous le commandement du ministre de l’intérieur Mehmet Ağar, et avec un fort ancrage dans la police autour d’İbrahim Şahin (qui dirigeait alors la section des opérations spéciales au sein de la Sureté) et de Hüseyin Kocadağ (vice-directeur de la Sureté d’Istanbul). On retrouve ici des personnes dénoncées pour leurs activités criminelles dans le premier rapport du MİT. Mais l’organisation était véritablement transversale, puisqu’elle comprenait aussi quelques membres du MİT, des hauts fonctionnaires tels Ünal Erkan (le super-gouverneur de la région sous état d’urgence) ainsi que des personnes spécialisées dans l’usage de la violence, qu’il s’agisse d’anciens militants politiques tels Adbullah Çatlı ou de korucu. Il reste cependant difficile de retracer le degré d’organisation et de stabilité de cette « bande », comme d’ailleurs des autres.

« Violence, parallèle, criminel », voici des termes propres à décrire les véritables bénéficiaires [sinon les commanditaires] de l’action de M. Gauin. Deux points particuliers sont de nature à attirer l’attention :

 

Maxime Gauin (d.) et Tal Buenos (centre) accueillis à Aydin par Mme Gökçen Catli, fasciste impénitente

Maxime Gauin (d.) et Tal Buenos (centre) accueillis à Aydin par Mme Gökçen Catli, fasciste impénitente

Alors oui, vraiment, il vaut mieux laisser l’Histoire aux historiens !